Les études visant à évaluer les effets des rayonnements RF sur des sujets humains sont difficiles en raison principalement de la difficulté à évaluer l’exposition aux rayonnements. Voici un aperçu plus précis de certaines de ces difficultés :

  • Le rayonnement en champ lointain des ondes radioélectriques émises par une station de base de téléphonie mobile dépend de nombreux facteurs, et notamment du type de service de téléphonie mobile, des caractéristiques de l'antenne, de l'élévation du site de l'antenne, du nombre de sites proximaux d'antenne, du nombre d'utilisateurs dans la région et des structures ou des bâtiments qui peuvent influer sur l'énergie transmise. L'étude réalisée par Santé Canada (1997) et portant sur des mesures du champ RF dans des écoles de la région de Vancouver situées à proximité d'une station de base pour téléphones cellulaires analogues ou pour SCP fournit un excellent exemple de la variabilité des conditions qui peuvent exister d'une région à l'autre. Santé Canada a observé que la densité de puissance extérieure maximale enregistrée était de 230 à 6 200 fois inférieure à la limite d'exposition prescrite par le Code de sécurité 6, et que les mesures maximales effectuées à l'intérieur étaient de 4 900 à 59 000 fois inférieures à cette limite. En 2001, la Radiocommunications Agency, une agence gouvernementale au RU, a effectué une vérification des stations de base, principalement celles situées près d'écoles. La vérification comprenait 101 endroits et émissions enregistrées " généralement des milliers de fois inférieures " aux limites de la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants.

  • Il est également extrêmement difficile d'obtenir des évaluations exactes de l'exposition aux sources de rayonnement en champ proche comme les combinés. L'absorption de puissance provenant de l'antenne d'un téléphone sans fil est très hétérogène, et dépend d'un certain nombre de facteurs physiques liés au niveau de puissance du signal RF. Ces facteurs comprennent la distance qui sépare l'utilisateur de la station de base, l'interférence du signal provoquée par les bâtiments ou d'autres structures et la direction du déplacement de l'utilisateur en rapport à l'antenne (CIPRNI, 1996). Le niveau d'absorption d'énergie dépend également de la durée d'utilisation, du nombre et de la durée des appels individuels et d'autres " caractéristiques du comportement de l'utilisateur " (Rothman, 1996), y compris l'angle sous lequel le combiné est maintenu et la tendance de l'utilisateur à le porter à son oreille droite ou gauche. Selon Lonn et al. (2004), la puissance de sortie du téléphone cellulaire est plus élevée en régions rurales qu’en régions urbaines. Ces auteurs ont attribué ce phénomène à la plus faible densité des stations de base dans les régions rurales, tout en reconnaissant que d’autres facteurs – p. ex. la présence des facteurs physiques mentionnés précédemment – ont aussi une incidence. Dans le cadre d’une étude réalisée en Suède et au Royaume-Uni, Hillert et al. (2006) ont eux aussi constaté qu’il était plus fréquent que la puissance de sortie des téléphones cellulaires soit plus élevée dans les régions rurales, et que d’autres facteurs (p. ex., durée de l’appel, fait d’être mobile ou stationnaire, être à l’intérieur ou à l’extérieur) avaient une importance moindre.
  • La constitution d'un groupe témoin approprié constitue un autre défi des études réalisées par observation. La plupart des personnes sont exposées à des champs électromagnétiques de densité variable, selon leurs habitudes d'utilisation d'appareils électriques au foyer ou au travail et l'emplacement proximal des transmetteurs de télécommunications ou des sources de distribution d'énergie électrique.

  • Il est très difficile d'établir l'exposition aux champs électromagnétiques de sujets individuels sur une période utile de temps.

  • La reconstitution des antécédents d'exposition sans recours à des mesures directes oblige l'expérimentateur à s'en remettre à des hypothèses dont la validité n'est pas certaine.
It is clear that many factors can affect an individual's exposure to RFR associated with cellular telephone use. This makes exposure assessment in a risk study very difficult to interpret. Ideally the exact exposure dose should be measured, but no specific measure is available. In experimental situations the Specific Absorption Rate (SAR) is used. This is the amount of energy that is deposited in tissue, and is measured in W/kg. SAR has been developed for quantification of thermal effects of RFR. It is assumed that it may serve as an adequate measure of other effects, although no biological mechanism has been established by which possible health effects could be induced (Auvinen et al., 2006). In epidemiological studies, similar SAR levels have been assumed for all telephone models, although results are occasionally presented separately for users of analogue and digital phones. Since SAR measures are not available, the validity of a proxy exposure measure is critical. Cumulative exposure is usually used as a measure of exposure dose, but this does not take into account variations in the signal for the reasons discussed above. In long-term studies, estimation of a dose-response relationship is important for assessment of causality.

Divers articles publiés en 1996 dans la revue Epidemiology ont examiné certaines de ces questions. Un de ces articles (Funch) a décrit l'exactitude et la faisabilité d'une recherche fondée sur les registres d'une compagnie de téléphone en guise d'indice de l'exposition, aux fins de la réalisation d'une analyse de corrélation des réponses fournies dans le cadre d'une enquête par questionnaire auprès de ses clients. Dans un autre article (Rothman), on a cherché à lier des informations portant sur des clients individuels disposant d'une seule ligne téléphonique, les informations des bureaux de crédit et les données de l'administration de la sécurité sociale pour procéder à une comparaison des données de mortalité entre les utilisateurs de téléphones portables et de téléphones mobiles. Les rapports établis présentaient des difficultés importantes, y compris le risque d'un biais de sélection découlant d'une perte de contact avec les deux tiers environ de la population cible. Ces documents ont donné un aperçu des difficultés que peuvent présenter les études épidémiologiques portant sur l'utilisation du téléphone cellulaire.

Selon Parslow (2003), les usagers du téléphone cellulaire ont tendance à sous-déclarer leur utilisation. Malheureusement, le taux de participation à cette étude était très faible, ce qui jette un doute sur la validité de ses conclusions. SC Kim (2006) a pour sa part proposé une nouvelle méthode pour estimer les taux d’exposition quantitative et relative aux RF, à l’aide d’un modèle basé sur un réseau neuronal. Les paramètres suivants ont été utilisés pour l’élaboration de ce modèle : temps d’utilisation moyen par jour, période totale d’utilisation (en années), DAS du téléphone, utilisation mains libres, sortie de l’antenne et type d’appareil (téléphone pliable ou à rabat). Erdreich (2007) also used SMPs to study factors affecting the energy output of GSM phones during operation, and found that the largest factor was study area, followed by user movement and location (inside or outside), use of a hands-free device, and urbanicity. Blas (2007) showed that personal exposure meters are subject to errors associated with perturbations of the electric fields by the presence of the human body.

Mild (2005) a proposé une méthode permettant de combiner l’utilisation de différents téléphones mobiles (p. ex., analogiques et numériques) et sans fil, en utilisant des facteurs de pondération qui tiendraient compte du fait que les téléphones analogiques fonctionnent à une puissance maximale plus élevée que les téléphones numériques, eux-mêmes utilisant une puissance supérieure aux téléphones sans fil.

L’étude Interphone consiste en une série d’études cas-témoins multinationales, qui examinent le risque de tumeurs du cerveau et des glandes salivaires associé à l’usage du téléphone cellulaire. Le groupe de l’étude Interphone a réalisé une étude qui avait pour but de valider l’usage de l’appareil déterminé par remémoration à court terme (Vrijheid, 2006). Ces chercheurs ont noté une corrélation de modérée à élevée entre l’utilisation estimée de mémoire et l’utilisation réelle mesurée par les opérateurs ou déterminée à l’aide de téléphones avec logiciel. Les auteurs de cette étude ont relevé une erreur systématique modérée et une erreur aléatoire substantielle. Cette dernière erreur aurait tendance à réduire la puissance de l’étude Interphone à détecter une augmentation du risque de tumeur cérébrale, si un tel risque existe. Pour en apprendre davantage sur l’étude Interphone, consulter la rubrique « Programmes de recherche – Étude Interphone ».

Auvinen et ses collègues ont examiné les facteurs susceptibles d’influencer la validité des études épidémiologiques qui examinent les effets des téléphones cellulaires sur la santé. Ils ont insisté sur l’imprécision de l’évaluation de l’exposition dans les études, notant qu’une telle imprécision risque particulièrement d’être présente dans les études cas-témoins, alors que les études prospectives sont les plus susceptibles d’améliorer la qualité des données. Deux articles publiés par des chercheurs allemands (Samkange-Zeeb et al. et Berg et al.) évaluent la validité de l’usage auto-déclaré à partir d’un questionnaire utilisé pour l’étude Interphone. Ces chercheurs rapportent une bonne corrélation entre l’usage auto-déclaré et les renseignements obtenus des fournisseurs de réseaux, pour ce qui est du nombre d’appels par jour, et une corrélation modérée quant à l’usage cumulatif . Schuz (un des auteurs de l’article par Berg et al.) et Johansen (2007) ont également comparé l’utilisation auto-déclarée du téléphone cellulaire aux données d’abonnement qui avaient été obtenues dans le cadre d’études distinctes. Ces auteurs notent une concordance « passable » entre les deux sources d’évaluation de l’exposition et croient que les deux mesures ont des limites et qu’elles pourraient entraîner une sous-estimation d’une association. Cependant, comme Auvinen et al., ils sont d’avis que ces limites pourraient être réduites au minimum dans les études prospectives de suivi, en estimant l’exposition à partir des dossiers d’utilisation de l’abonné. SC Kim (2006) a proposé une nouvelle méthode pour estimer l’exposition quantitative et relative aux RF, à l’aide d’un modèle de réseau neuronal basé sur les paramètres suivants : temps d’utilisation moyen par jour, période totale d’utilisation (en années), DAS du modèle précis de téléphone, utilisation du modèle mains libres, sortie de l’antenne et type d’appareil (téléphone pliable ou à rabat).

Les commentaires qui précèdent concernent essentiellement les études sur les téléphones cellulaires. Les autres études sur l’exposition aux rayonnements RF sont habituellement basées, soit sur l’emplacement géographique (dans le cas des études sur les émetteurs de radio et de télévision), soit sur le titre de l’emploi (dans les études en milieu de travail). Manifestement, ces méthodes d’évaluation de l’exposition sont imprécises. D’autres utilisent les certificats de décès comme source d’information sur la profession, une autre pratique qui s’est révélée assez imprécise (Andrews K.A. et al., Bioelectromagnetics, 1999; 20, p. 512-518).

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